Pourquoi l'anxiété peut vous donner l'impression d'être déconnecté de vous-même
- Dalia Kislor
- 20 mai
- 4 min de lecture
Il y a des moments où l'anxiété ne ressemble pas à de la panique. C'est plus silencieux que cela.
Vous traversez la journée, vous répondez aux messages, vous faites votre travail, vous parlez aux gens — et pourtant, quelque chose semble distant à l'intérieur. Vous remarquez que vous n'êtes plus tout à fait en lien avec vous-même. Plus avec vos émotions, plus avec votre corps, plus même avec votre propre sens de la direction.
Les gens le décrivent de différentes façons :
« Je ne me sens plus moi-même. »
« Je me sens engourdi·e, ou absent·e. »
« Je n'arrive pas vraiment à accéder à ce que je ressens. »
« Tout semble plat. »
« Je fonctionne, mais je ne suis pas vraiment là. »
Ce type d'expérience peut sembler déroutant ou effrayant, surtout lorsqu'il n'y a aucune raison apparente. Mais le plus souvent, cette déconnexion n'est pas un échec personnel. C'est une réponse du système nerveux — une adaptation silencieuse et protectrice à un stress ou à une anxiété prolongés.
L'anxiété n'est pas seulement « mentale »
Nous avons tendance à imaginer l'anxiété comme des pensées qui s'emballent ou des inquiétudes excessives. Mais l'anxiété habite aussi le corps. Lorsque le système nerveux reste dans un état d'alerte prolongé, le corps commence à privilégier la protection et la survie plutôt que l'ouverture, la présence et le lien émotionnel.
Avec le temps, cela peut se manifester par un engourdissement émotionnel, une platitude diffuse, une difficulté à ressentir de la joie ou de la motivation, le sentiment d'être détaché·e de son propre corps, une rumination qui ne mène jamais nulle part, et une forme de fatigue qu'aucun repos ne semble apaiser.
Dans certains cas, se déconnecter de soi-même devient une stratégie adaptative — une manière pour le système de tenir lorsque les choses sont restées trop accablantes pendant trop longtemps.
La fonction protectrice de la déconnexion
Beaucoup de personnes se jugent durement de se sentir déconnectées. Pourtant, dans une perspective informée par les traumatismes, ces réactions ont généralement du sens.
Le système nerveux cherche constamment à nous protéger. Lorsque le stress, la pression, l'incertitude ou la surcharge émotionnelle s'accumulent sans pouvoir se relâcher, le système peut commencer à baisser le volume de l'intensité émotionnelle — non pas comme un dysfonctionnement, mais comme une façon de nous permettre de continuer à fonctionner.
Cela peut prendre la forme d'une activité constante. D'une impression de platitude émotionnelle. D'une intellectualisation de tout ce qui se présente. D'une perte de contact avec ses propres besoins. D'une difficulté à se reposer. D'un sentiment de distance dans des relations qui semblaient autrefois proches.
Le corps n'est pas brisé. Il fonctionne peut-être simplement en mode protection.
Pourquoi cela peut sembler si troublant
La déconnexion crée souvent une seconde couche d'anxiété par-dessus la première. On commence à se demander : Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi je n'arrive plus à rien ressentir ? Pourquoi je me sens soudain si loin de ma propre vie ? Vais-je rester ainsi pour toujours ?
La peur de cette expérience a tendance à intensifier l'activation sous-jacente du système nerveux. Et comme la vie moderne récompense la productivité constante, beaucoup continuent à pousser — ignorant les signaux d'épuisement, passant outre le besoin de ralentir — et la distance à soi se creuse silencieusement.
La reconnexion commence le plus souvent lentement
Guérir ce type d'anxiété passe rarement par une positivité forcée ou par la tentative d'éliminer rapidement les symptômes. Cela commence le plus souvent de manière beaucoup plus douce.
Les premiers pas consistent souvent à créer suffisamment de sécurité intérieure pour que le système nerveux puisse s'assouplir, peu à peu. Cela peut impliquer de ralentir des schémas devenus automatiques. De renouer avec le corps par de petits gestes — remarquer la respiration, la posture, les sensations. D'apprendre à reconnaître et à réguler les émotions plutôt qu'à les contourner. De commencer à accueillir les réponses protectrices avec compassion plutôt qu'avec jugement. De construire des routines soutenantes. Et de trouver des espaces relationnels où l'on n'a pas à performer.
En thérapie, ce processus mobilise généralement à la fois la compréhension cognitive et la conscience corporelle. Pas seulement Qu'est-ce que je pense ?, mais aussi Que se passe-t-il dans mon système nerveux en ce moment ?
Vous n'êtes pas nécessairement en train de vous perdre
L'une des dimensions les plus douloureuses de la déconnexion liée à l'anxiété, c'est la peur que votre vrai soi ait disparu.
Dans la plupart des cas, c'est l'inverse qui est vrai. Le système a simplement été sous tension pendant longtemps. Sous l'épuisement, la suractivation, l'engourdissement, il y a encore une part de vous qui a tenté de vous protéger, de s'adapter et de continuer.
La reconnexion arrive rarement par la pression. Elle tend à émerger progressivement — à travers la sécurité, la conscience et le soutien.
Chez Kislor Therapy, je propose une thérapie en ligne pour l'anxiété, le stress et les transitions de vie, dans une approche intégrative et informée par les traumatismes, qui réunit à la fois des perspectives cognitives et corporelles.



