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Pourquoi je réagis toujours pareil alors que j'ai compris depuis longtemps ?

1 oct.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct.


Femme assise dans une pièce calme, entourée de silhouettes translucides évoquant différentes parts intérieures ou états émotionnels.

Vous savez que cette remarque n’était probablement pas une attaque.


Vous savez qu’un désaccord ne signifie pas que la relation est en danger.


Vous savez que vous avez le droit de vous reposer, de dire non, de prendre votre place.


Vous savez peut-être même exactement d’où viennent certaines de vos réactions.


Et pourtant, quelque chose en vous continue à réagir.


Votre corps se tend. Vous vous refermez. Vous anticipez, cherchez à tout contrôler. Vous vous sentez soudain minuscule, en danger, rejeté, ou obligé de faire ce qu’il faut pour que tout redevienne calme.


Puis vient souvent une deuxième réaction :

Mais je sais tout ça. J’ai compris depuis des années. Pourquoi est-ce que ça continue ?


C’est exactement dans ce décalage que le travail avec les parts trouve sa place.



Comprendre son histoire ne suffit pas toujours à la transformer


On peut savoir qu’une peur vient de l’enfance, comprendre pourquoi on cherche constamment l’approbation, avoir identifié l’origine d’une hypervigilance. Cette compréhension compte, mais elle ne modifie pas toujours ce qui se passe automatiquement à l’intérieur.


Une expérience difficile ne laisse pas seulement une histoire que l’on peut raconter. Elle laisse aussi une tension dans le corps et une conviction implicite : ça va recommencer, je dois faire attention, je ne peux compter que sur moi.


On peut savoir parfaitement que le danger est terminé tout en ayant une partie de soi qui continue à agir comme s’il était encore présent.


C’est l’une des différences importantes entre comprendre un traumatisme et transformer la manière dont il continue à vivre en nous.



Les réactions qui vous gênent aujourd’hui ont souvent une logique


Une réaction n’apparaît pas forcément parce que quelque chose « fonctionne mal ». Très souvent, elle a appris un rôle.


Rester constamment attentif a pu permettre de repérer très tôt les changements d’ambiance. Faire plaisir a pu réduire les conflits ; ne rien demander, éviter la déception ; tout analyser, donner une impression de contrôle quand il n’y en avait guère.


Ces stratégies ont pu être intelligentes, voire nécessaires. Le problème, c’est qu’elles peuvent continuer longtemps après que les circonstances ont changé.


Une partie de vous sait que vous êtes ici, aujourd’hui. Une autre continue à protéger une réalité beaucoup plus ancienne.



Qu’est-ce que le travail avec les parts ?


L’idée de départ est simple : nous ne réagissons pas toujours comme un bloc unique. Une partie veut parler, une autre dit : tais-toi.

Une partie veut se rapprocher, une autre : ne fais confiance à personne.

Une partie est épuisée, une autre répond : tu n’as pas le droit de ralentir.


Il ne s’agit pas de personnalités séparées, mais de différentes façons de se protéger au sein d’une même personne. Dans une approche inspirée de l’Internal Family Systems (IFS), on n’aborde pas ces réactions comme des ennemies à éliminer, mais comme des parts qui ont pris un rôle pour une raison.


La question n’est donc pas « comment faire disparaître cette réaction ? », mais : qu’est-ce qu’elle protège ? De quoi a-t-elle peur ? Que croit-elle devoir encore empêcher aujourd’hui ?



À quoi ressemble concrètement une séance ?


Le travail ne consiste pas forcément à raconter votre passé. On commence souvent par ralentir et tourner doucement l’attention vers l’intérieur.


Vous remarquez peut-être une sensation dans le corps, une image, un souvenir, ou simplement l’impression que « quelque chose » est là. Nous ne cherchons pas le « bon souvenir » et ne décidons pas à l’avance de ce qui doit apparaître.


Nous suivons ce qui vient. Et on avance toujours au rythme de ce que vous pouvez accueillir : on peut ralentir, s’arrêter ou revenir au présent à tout moment.


Parfois, une part se présente clairement : jeune, méfiante, en colère, épuisée. Au lieu de l’analyser de l’extérieur, nous entrons progressivement en relation avec elle. Et ce travail peut devenir étonnamment vivant.


Prenons un exemple fictif. Anna sait très bien pourquoi elle relit dix fois un mail avant de l’envoyer : elle a grandi dans une maison où l’ambiance pouvait basculer d’un instant à l’autre. Elle l’a compris depuis des années. Ça ne change rien.


En séance, au lieu d’en reparler, on s’arrête sur ce qui se passe quand elle imagine appuyer sur « envoyer » : une pression dans la poitrine. En restant avec elle, une image apparaît : une petite fille qui guette le bruit des clés dans la porte.


La partie qui relit les mails n’est pas « anxieuse pour rien ». Elle fait encore, trente ans plus tard, le travail de cette petite fille.



Quand une part n’a plus besoin de porter seule ce qu’elle a porté


Certaines parts protectrices vivent encore une expérience ancienne qui, pour elles, n’a jamais cessé. Elles protègent une partie plus jeune, restée comme enfermée dans une peur, une honte ou une solitude d’autrefois.


Lorsque cette part peut être rencontrée autrement — accompagnée, crue, protégée, enfin autorisée à quitter cette scène ancienne, à dire non ou à ne plus porter seule ce qu’elle portait —, quelque chose peut changer. Le souvenir ne disparaît pas, mais la manière dont cette expérience est portée aujourd’hui peut se transformer.


On passe alors de « Je sais pourquoi je suis comme ça » à quelque chose qui ressemble davantage à : « Je peux rencontrer la partie de moi qui vit encore cette réalité. »



Le corps fait souvent partie du chemin


Les parts ne se manifestent pas toujours par des mots, mais par une pression dans la poitrine, une boule dans le ventre, une gorge serrée, une agitation ou une envie immédiate de partir.


C’est pourquoi j’intègre aussi une attention au corps. Les approches somatiques et sensibles au trauma permettent de rester au contact de ce qui se passe, sans forcer ni dépasser ce qui est tolérable. Des outils inspirés de l’EMDR peuvent aussi aider quand une expérience ancienne se réactive très fortement.


Mais les méthodes ne sont pas le centre du travail : ce sont des moyens de rencontrer ce qui est déjà là.


Vous pouvez découvrir les différentes façons de travailler ensemble, d’une séance unique à un parcours de quatre ou huit séances.



Le but n’est pas de vous réparer


Il n’y a pas une version « défectueuse » de vous qu’il faudrait corriger. Le travail consiste plutôt à aider vos parts à découvrir qu’elles n’ont peut-être plus besoin de tenir seules le même poste, avec la même intensité.


Une part peut rester vigilante sans surveiller chaque seconde. Une part indépendante peut garder sa force sans refuser toute aide. Une part perfectionniste peut conserver son exigence sans transformer chaque erreur en danger.


Le changement ne vient pas de leur disparition, mais de la transformation de la manière dont l’expérience traumatique continue d’être portée aujourd’hui.



Par où commencer ?


Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, il se peut que la partie de vous qui porte encore cette expérience n’ait simplement jamais été rencontrée là où elle se trouve. Et c’est souvent là que le travail commence.


Je travaille en ligne avec des adultes, en français, en anglais et en danois, à partir du travail avec les parts (approche inspirée de l’IFS) et d’approches somatiques informées par le trauma.

Si cette manière de travailler vous parle, vous pouvez commencer par un échange gratuit de 30 minutes pour voir si elle vous convient.


 

 
 
 

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